Vous pouvez nous retrouver également sur planity.com pour les adeptes du rendez-vous !

Actualités

Confondre cheveux secs et cheveux abîmés, ou cuir chevelu gras et longueurs déshydratées, conduit à des routines inefficaces, voire contre-productives. Bien identifier la nature réelle de sa fibre capillaire, c'est la condition de base pour qu'un soin, une coupe ou une coloration tienne ses promesses dans la durée.

Temps de lecture : ~9 minutes

Pourquoi tant de personnes se trompent sur leur type de cheveux

La plupart des erreurs de diagnostic viennent d'une confusion entre texture, nature et état du cheveu. Ce sont trois notions distinctes : la texture désigne la forme (lisse, ondulé, bouclé, crépu), la nature renvoie à la production de sébum (gras, normal, sec), et l'état décrit la santé actuelle de la fibre (abîmée, poreuse, cassante). Un cheveu peut très bien être naturellement gras à la racine et sec aux pointes, ce qui explique pourquoi une routine unique échoue souvent.

En salon, le diagnostic capillaire révèle régulièrement des clientes persuadées d'avoir les cheveux gras alors qu'elles ont simplement un cuir chevelu réactif aux shampoings trop agressifs, qui compense en sur-produisant du sébum. À l'inverse, des cheveux perçus comme secs sont parfois seulement très poreux, donc incapables de retenir l'hydratation apportée. Cette nuance change radicalement le choix des produits.

Les quatre familles de texture capillaire

  1. Cheveux lisses (type 1) : fibre sans torsion, brillance naturelle, tendance à regraisser vite car le sébum glisse facilement le long de la tige.
  2. Cheveux ondulés (type 2) : ondulation en S plus ou moins marquée, souvent mi-lisses mi-frisés selon les zones du crâne.
  3. Cheveux bouclés (type 3) : boucles bien définies en spirale, plus sujettes à la sécheresse car le sébum peine à descendre jusqu'aux pointes.
  4. Cheveux crépus (type 4) : torsion très serrée, forte porosité, besoin accru d'hydratation et de corps gras pour limiter la casse.

Pourquoi la densité et le diamètre comptent aussi

Au-delà de la texture, le diamètre du cheveu (fin, moyen, épais) et la densité globale (nombre de cheveux au cm²) influencent directement le choix du produit. Un cheveu fin et dense réagit différemment d'un cheveu épais et clairsemé, même au sein d'une même texture bouclée. Cette précision est souvent négligée dans les routines trouvées en ligne, qui généralisent par type de boucle sans tenir compte de ces paramètres.

Identifier la nature de son cuir chevelu et de ses longueurs

Le diagnostic de nature capillaire repose sur un test simple mais rigoureux, que tout coiffeur expérimenté pratique avant toute prestation technique.

Le test du papier absorbant

Appliquez une feuille de papier absorbant sur les racines, 8 à 10 heures après le shampoing, puis observez la trace laissée :

  • Trace grasse et étendue : cuir chevelu gras, production de sébum élevée.
  • Légère trace localisée au vertex : cuir chevelu normal à mixte.
  • Aucune trace : cuir chevelu sec, souvent associé à des démangeaisons ou pellicules sèches.

Les signes visuels à ne pas confondre

Un cheveu sec se reconnaît à son aspect terne, rêche au toucher et à sa tendance à frisotter par temps humide. Un cheveu déshydraté, en revanche, manque d'eau mais pas forcément de corps gras : il peut sembler souple au toucher tout en cassant facilement. Cette distinction compte beaucoup dans le choix des soins, car hydrater un cheveu déjà riche en lipides avec un masque nourrissant classique l'alourdit sans résoudre le vrai problème.

Signe observé Cheveu sec Cheveu déshydraté Cheveu gras
Toucher Rêche, rugueux Souple mais fragile Lisse, lourd vite
Brillance Terne Variable Brillante (excès)
Casse Fréquente Très fréquente Rare
Fréquence lavage idéale 2-3 j 2-3 j 1 j sur 2 max

La porosité, le critère le plus souvent oublié

La porosité mesure la capacité de la cuticule du cheveu à s'ouvrir ou se fermer, donc à absorber et retenir l'hydratation. C'est le paramètre qui explique pourquoi deux personnes avec la même texture bouclée n'obtiennent pas le même résultat avec le même soin.

Le test du verre d'eau

Plongez un cheveu propre et sec (prélevé sur une brosse, par exemple) dans un verre d'eau à température ambiante et observez après 2 à 4 minutes :

  • Il flotte en surface : faible porosité, cuticule très fermée, les soins glissent sans pénétrer.
  • Il reste entre deux eaux : porosité normale, équilibre entre absorption et rétention.
  • Il coule au fond : forte porosité, cuticule ouverte, absorption rapide mais évaporation tout aussi rapide.

Adapter sa routine selon la porosité

Un cheveu à faible porosité a besoin de chaleur douce (serviette chaude, casque chauffant) pour ouvrir légèrement la cuticule et laisser pénétrer les soins, sinon les produits stagnent en surface et alourdissent la chevelure. Un cheveu à forte porosité, au contraire, nécessite des soins scellants riches en beurres végétaux pour refermer la cuticule après hydratation et éviter que l'eau ne s'échappe aussitôt. Ignorer ce paramètre explique une grande partie des routines capillaires qui ne donnent jamais le résultat espéré, malgré des produits coûteux.

Construire une routine adaptée à son profil réel

Une fois le diagnostic posé (texture, nature, porosité), la routine se construit en croisant ces trois axes plutôt qu'en suivant un protocole générique trouvé sur internet.

Fréquence de lavage et choix du shampoing

La fréquence de lavage dépend avant tout de la nature du cuir chevelu, pas de la texture. Un cheveu bouclé au cuir chevelu gras se lave aussi souvent qu'un cheveu lisse dans la même situation, contrairement à l'idée reçue selon laquelle les boucles se laveraient toujours moins fréquemment. Le choix du tensioactif (base lavante) compte également : les bases très moussantes decapent davantage, ce qui convient aux cuirs chevelus gras mais agresse les cheveux secs ou poreux.

Les soins à intégrer selon le diagnostic

  • Cheveux fins et plats : soins légers sans silicones lourds, volumateurs à la racine.
  • Cheveux épais et secs : masques riches une fois par semaine, huiles en pointes avant chaque lavage.
  • Cheveux colorés ou lissés chimiquement : soins post-coloration spécifiques pour limiter la porosité induite par le traitement.
  • Cheveux bouclés à crépus : méthode co-wash (lavage à l'after-shampoing) entre deux shampoings pour limiter l'agression du cuir chevelu.
  • Cuir chevelu sensible ou irrité : shampoings sans sulfates agressifs, espacement des colorations.

À quoi faire attention avant de changer toute sa routine

Attention à ne pas tout bouleverser d'un coup après un diagnostic : un changement radical de routine peut provoquer une phase d'adaptation du cuir chevelu de 2 à 4 semaines, durant laquelle les cheveux semblent temporairement plus gras ou plus secs. Il est également important de rappeler que le diagnostic capillaire évolue avec les saisons, les traitements hormonaux, la grossesse ou le vieillissement : un profil établi il y a cinq ans n'est pas forcément valable aujourd'hui. Enfin, les tests maison (papier absorbant, verre d'eau) donnent des indications utiles mais restent moins précis qu'un diagnostic professionnel réalisé sous loupe grossissante, notamment en cas de chute de cheveux, pellicules persistantes ou cassure anormale qui justifient une consultation plutôt qu'un simple ajustement de routine.

Faire appel à un diagnostic professionnel pour aller plus loin

Les tests à domicile donnent une base solide, mais un diagnostic capillaire réalisé en salon affine l'analyse grâce à l'observation directe de la fibre, du cuir chevelu et de son historique (colorations, lissages, traitements antérieurs). Bruno Flaujac Coiffure propose ce diagnostic à CUGNAUX avant toute prestation technique, qu'il s'agisse d'une coloration, d'une nanoplastie ou d'un simple soin, afin d'adapter précisément le protocole et les produits utilisés à la réalité de chaque chevelure.

Ce diagnostic préalable évite aussi les mauvaises surprises lors d'un changement de couleur ou d'un lissage : une fibre très poreuse ou fragilisée ne réagit pas de la même façon qu'une fibre saine face à un procédé chimique, ce qui conditionne directement le choix de la technique et le temps de pose.

En résumé

  • Distinguer texture (forme), nature (sébum) et état (santé) du cheveu évite les erreurs de routine les plus fréquentes.
  • Le test du papier absorbant identifie la nature du cuir chevelu en 8 à 10 heures après lavage.
  • Le test du verre d'eau révèle la porosité, critère souvent ignoré mais déterminant pour l'efficacité des soins.
  • Une routine efficace croise ces trois diagnostics plutôt que de suivre un protocole générique par type de boucle.
  • Tout changement de routine nécessite une phase d'adaptation de 2 à 4 semaines avant d'en juger les résultats.
  • Un diagnostic professionnel reste recommandé en cas de chute, pellicules persistantes ou avant tout traitement chimique.

FAQ

▸Comment savoir si j'ai les cheveux secs ou juste déshydratés ?

Le cheveu sec manque de corps gras et paraît terne, rêche au toucher en permanence. Le cheveu déshydraté manque d'eau mais peut sembler souple ponctuellement tout en cassant facilement sous tension. Un diagnostic capillaire en salon permet de trancher précisément grâce à l'observation de la fibre sous loupe.

▸Le test du verre d'eau est-il vraiment fiable ?

Il donne une indication utile sur la porosité, mais plusieurs facteurs (résidus de produits, propreté du cheveu testé) peuvent fausser le résultat. Il reste un bon point de départ à domicile, à confirmer idéalement lors d'un diagnostic professionnel avant une coloration ou un lissage.

▸Peut-on avoir un cuir chevelu gras et des pointes sèches en même temps ?

Oui, c'est même très fréquent, notamment sur cheveux longs ou bouclés où le sébum peine à descendre jusqu'aux pointes. Cette configuration demande une routine mixte : shampoing doux adapté aux racines et soin nourrissant ciblé uniquement sur les longueurs et pointes.

▸Mon type de cheveux peut-il changer avec le temps ?

Oui, la grossesse, les variations hormonales, le vieillissement ou des traitements médicaux modifient la texture, la nature et la porosité du cheveu. Un profil capillaire établi plusieurs années auparavant mérite d'être réévalué périodiquement, surtout en cas de changement notable ressenti.

▸Faut-il refaire un diagnostic avant chaque coloration ?

C'est fortement recommandé, car la porosité et l'état de la fibre évoluent entre deux colorations, surtout si des lissages ou des expositions au soleil sont intervenus entre-temps. Ce diagnostic conditionne le choix du produit, du temps de pose et des soins associés pour préserver la fibre.

▸Quelle est la fréquence de lavage idéale selon mon type de cheveux ?

Elle dépend davantage de la nature du cuir chevelu que de la texture : un cuir chevelu gras supporte mal plus d'un jour sans lavage, tandis qu'un cuir chevelu sec ou normal tolère 2 à 3 jours. La texture boucle ou crépue influence surtout le choix de la méthode de lavage, pas sa fréquence stricte.